Ancy, un village de vignerons

Au pied des vignes, le village qui remonte à l’époque gallo-romaine est tout à fait pittoresque. Il est formé de trois hameaux : le Chêne, Narien et Rongueville. On peut y voir la maison natale de Raymond Mondon qui fut député-maire de Metz et ministre des transports.

 

L’ancienne église romane qui était à l’origine une maison forte, entourée de remparts imposants, dont il subsiste une tour ronde et une portion de mur d’enceinte, est brûlée et dévastée à plusieurs reprises. L’actuelle église date de la fin du XVe siècle. Les vitraux modernes sont l’œuvre de Camille Hilaire, artiste messin. Dans le cimetière, se trouve un ossuaire classé, proche des types d’ossuaires caractéristiques du Pays Haut.

 

Ancy possède également de nombreuses croix et calvaires. Rue de l’Abbé Jacquat s’élève une statue de la Vierge placée au XIXe siècle. La croix Saint-Clément, qui existe depuis le milieu du XIVe siècle, est le point de départ de nombreuses randonnées. Elle rappelle le légendaire passage du premier évêque de Metz.

Description du village
Extrait du Dictionnaire
du Département de la Moselle
Auteur : M. VIVILLE – 1817

« Village situé à gauche de la Moselle, ancienne province des Trois-Evêchés ; paroisse et mairie dont dépend le village de Dornot, à 15 kil. S. O. de Metz, 5 E. de Gorze. Ce village est divisé en trois hameaux, qui se nomment séparément, savoir : celui du milieu Narci, celui du côté de Metz, Rongueville, et l’autre le Chesne. Il y a sur le territoire de ce village, de belles carrières de pierres de roche ; population 1 165 habitants, maisons 205, territoire productif 985 hectares, dont 228 en vignes, 435 a. 52 c. en bois et 96 en friches ; une huilerie. Revenu 34,684 f. cadrastré, y compris Dornot pour le territoire productif et les revenus.

Ce village avait une Maison forte ; elle fut rançonnée en 1434 par un partisan français nommé Pothen de Saintrailles qui, avec 1500 hommes, désolait le Val de Metz. Cette maison appartenait alors à Jean Legronais, citoyen de Metz, à qui René 1er duc de Lorraine venait de l’engager pour 600 francs. Elle fut prise en 1436 par le capitaine Joachim qui commandait à Gorze pour le Roi de France Charles VII, et qui avait cru y surprendre Conrard Bayer, Evêque de Metz.

Au mois de juillet 1443, les Messins eurent une conférence à Ancy avec les seigneurs Désarmoises, dont ils avaient ravagé les terres et assiégé le château de Fléville avec 300 cavaliers et 600 hommes de pied, pour se venger de ce que les gens de Fléville et de Commercy étaient venus, dans le mois de mars prédédent, brûler Lorry, Woippy et Tignomont. La paix se fit au mois de novembre ; mais elle ne fut pas de longue durée, car le 26 mars suivant, Colard Désarmoises vint brûler Hagondange, et les Tappes. Par représailles, les Messins envoyèrent piller son château de Richard-Ménil.En 1449, Joachim, gouverneur de Gorze pour Charles VII, faisait des incursions sur les terres de l’Evêché et dans le pays Messin. Dans une course que ses gens firent de nuit, contre les lois de la guerre, on prit deux de leurs chefs, Jean de Bar et le prévôt de Briey. L’Evêque fit pendre celui-ci sur la côte d’Ancy ; l’autre fut pendu au gibet de Metz. Joachim dissimule et offre la paix à l’Evêque : on convient de s’assembler devant l’abbaye de Saint Clément au Sablon. L’Evêque, sans défiance, s’y rend avec une faible escorte ; à peine il a rencontré et salué le gouverneur, qu’il aperçoit sur le chemin de St-Ladre un grand nombre de cavaliers qui viennent à lui. Il se doute du piège, rompt brusquement l’entrevue, s’enfuit à tout bride et rentre à Metz, sans que Joachim ait pu l’atteindre. Honteux de n’avoir pu enlever l’Evêque, ce déloyal capitaine s’en vengea sur les habitants d’Ancy. Il feignit, à son retour, qu’il avait fait la paix avec le prélat ; ces bonnes gens le crurent, lui ouvrirent leurs portes. Il pilla le village et même l’Eglise où ils avaient caché leurs effets les plus précieux, et il enmena prisonniers à Gorze 40 des principaux habitants.En 1461, des députés du comté de Bar et de la cité de Metz, s’assemblèrent à Ancy, pour traiter de la paix. Le comte avait imprudemment déclaré la guerre aux Messins, qui le punirent de sa témérité en dévastant ses domaines. »

Supplément à la statistique historique industrielle et commerciale du département de la Moselle publiée en 1844

Ancy et Dornot
Arr. de Metz, deux écoles, une fréquentée par 85 filles et l’autre par 77 garçons. 286 maisons, 9 granges, 36 chevaux ; 2 ruisseaux, 6 fontaines publiques et 250 puits et pompes dans les maisons ; revenu comm. 6701 fr. ; peu de pâturages, élève cependant vaches, moutons et chèvres ; peu de volaille. Industrie, 2 moulins à farine, 1 boucher, 3 boulangers, 230 hect. de vignes, vins en réputation. Ars, où existe une station du chemin de fer, ne se trouve qu’à 2 kil. d’Ancy, et Novéant, qui a également une station, n’en est éloigné que de 3 kil. La Moselle passe au pied du village ; elle est très poissonneuse et renferme des écrevisses. Toutes les rues de la localité sont dans un état de propreté remarquable, il existe partout des canivaux pavés et des chaussées macadamisées. Il y a une jolie église gothique parfaitement restaurée, dans laquelle on voit des vitraux peints sortant des ateliers de MM. Maréchal et Gugnon, de Metz. Cette commune peut loger, en cas de réunion de troupes, 500 hommes. Ces deux villages qui ne forment qu’une seule commune, possèdent de très belles propriétés et de belles vues. Les époux Méa ont fait don à la fabrique de l’église d’une rente perpétuelle de 30 fr., autorisée par ordonnance royale du 25 novembre 1844.
BERTHE (Pierre – Nicolas), chef de bataillon, ancien maire d’Ancy, né le 9 mars 1775, à Seuil, département des Ardennes, officier de la Légion d’Honneur, chevalier de St.-Louis, est décédé à Metz le 19 décembre 1847 à l’âge de 72 ans. Son corps a été transféré dans la commune d’Ancy. Il fit partie de l’expédition de l’Irlande, commandée par le général Hoche en l’an V, s’est trouvé à la bataille de Marengo le 25 prairial an VIII, où il a été blessé d’un coup de baïonnette à l’épaule droite ; blessé d’un coup de feu au genou gauche à la bataille de Friedland ; ensuite, à Wagram, d’un coup de feu à la jambe gauche, et, le 19 août 1812, il reçut une nouvelle blessure de deux coups de feu à la cuisse gauche, à la bataille de Smolensk.